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Hommage à Monsieur Gilles Lepage

13 août 2018

C’est un honneur pour moi de rendre hommage à Gilles Lepage, que tous conviendront nous a quitté beaucoup trop tôt, lui qui avait pourtant encore beaucoup à offrir à ses proches et à sa communauté.

Il n’est pas facile, dans la courte période qui n’est accordée, de rendre un hommage convenable à cet homme qui a accomplis tellement.

C’est avec des sentiments partagés que je vous parle de ce bon vivant qu’était Gilles Lepage, un ami que j’ai eu la chance, je dirais le privilège, de connaître et de côtoyer pendant plusieurs années.  J’avais anticipé, avec les années à venir, avoir davantage de rencontres et conversations avec Gilles Lepage. Converser avec Gilles était toujours intéressant, divertissant. En fait, à la fin de nos conversations, on avait souvent le sentiment d’avoir réglé la plupart des grands problèmes de l’heure, local, provincial, national et tant qu’à être international, sauf ceux des Canadiens de Montréal.

Gilles va sûrement manquer à son épouse Gisèle sur qui il a toujours pu compter sur son support et qui l’a aidé pendant 49 ans, à connaître les succès remarquable qu’il a connus. Avec raison, Gilles était très fier de ses trois enfants, et il était toujours là pour eux et ceux-ci le savaient. Gilles parlait peu souvent de ses enfants, mais était très conscient de leur succès. Et que dire des petits-enfants qu’il aimait tellement.  Ceux-ci vont apprécier davantage leur grand-père lorsqu’ils réaliseront pleinement la contribution à la communauté acadienne de Gilles Lepage. C’est à mon sens un des ses lègues les plus précieux, un lègue qui va sans doute leur servir d’inspiration et de  motivation, de même qu’un modèle à suivre.

Je suis convaincu que Gilles Lepage aurait connu du succès peu importe où il aurait choisi de s’établir. Heureusement, il a choisi Caraquet où il s’établit en 1969 après avoir gradué de l’Université de Moncton, un choix intéressant pour une personne native de Rimouski. En 1969, il commence son travail à la Fédération des Caisses populaires acadiennes. Au fil des ans, il va gravir les échelons pour finir comme Président Directeur Général de la Fédération, de 1994 à 2004, une institution, il va sans dire, des plus importantes pour la communauté acadienne. Une employée m’a confié aussi récemment que ce matin combien Gilles était apprécié de tous les employés de la Fédération. Gilles a beaucoup appris de ses prédécesseur à les Fédération; les Marin Légère, Richard Savoie et Raymond Gionet. Gilles me racontait qu’à ses débuts il avait été à une réunion avec Richard Savoie. La réunion était en anglais, et durant la réunion Gilles avait pris la parole pour ensuite se faire contredire par Richard Savoie.  Son anglais n’était pas fort à l’époque. Gilles lui a immédiatement répondu : Richard, «you calle me»

C’est durant son terme à la direction de la Fédération que Gilles Lepage a démontré un appui réellement digne de mention aux arts et à la culture, in initiant le Prix littéraire Antonine Maillet – Acadie-Vie, et par l’acquisition par la Fédération de nombreuses œuvres d’artistes acadiens.

C’est en lisant un article sur Gilles Lepage paru dans McLean’s en 2003 que l’on réalise à quel point l’Organisme qu’il a présidé pendant 10 ans a connu une croissance impressionnante.  Gilles y a sûrement été pour quelque chose.

Son travail pour les caisses populaires acadiennes ne l’a pas empêché de s’impliquer dans sa communauté d’adoption. Gilles était un homme d’action. En homme d’action qu’il était, et comme amateur de baseball, il devient le co-fondateur du baseball mineur de Caraquet. Combien de jeunes ont pu bénéficier de cette initiative, pas juste son fils Alain, qui lui est devenu un des bons lanceurs juniors au N.-B.

Gilles Lepage a toujours été généreux de son temps. Il n’hésitait pas à accepter des responsabilités en plus de celles exigées par son travail. Parmi ces responsabilités il m’a confié qu’une, entre-autres, l’avait particulièrement marqués. Il a beaucoup apprécié avoir fait partie de la Commission McKelvey Levesque, commission mise en place, à l’époque par le gouvernement McKenna, commission qui a jeté les bases d’une modernisation des soins de santé au N.-B. Cette expérience marquante a été en quelque sorte un point tournant dans sa carrière. A partir de ce moment-là, il se sentait en mesure de mener à terme des gros dossiers; une expérience qu’il m’a raconté, lui a servi pour le reste de sa carrière.

Il n’est pas nécessaire d’énumérer toutes les réalisations et distinctions de Gilles. Un grand coopérateur devenu PDG de la Fédération des Caisses populaires acadiennes, membres des conseils de la Banque du Canada, co-président de la Commission McGuire Lepage, une commission provinciale sur l’autosuffisance ainsi que la présidence du conseil économique du n »-B., pour ne nommer que ceux-là. Toutes ces réalisations à partir de sa ville d’aoption, son Acadie d’adoption. Au minimum, il faut reconnaître qu’il s’agit d’une contribution et d’une implication significative pour sa communauté et sa province. Gilles fut un homme aux intérêts multiples, tel que mentionné, il aimait le baseball, oh, combine de discussions et d’analyses des parties des Expos. Je me permets de vous raconter comment gilles était fier de France lorsqu’elle est allée voir une partie de baseball à Montréal avec une amie.  Il m’a racontée ceci avant la partie et Gisèle n’en savait rien. Il était complice avec France qui voulait absolument passer à la télévision. Elle avait préparé deux pancartes, une RDS Rodger, Denis et quelque chose, l’autre qu’elle entendait sortir seulement si nécessaire était : Mike Lansing will you marry me? Je vous dis que Gilles avait hâte de voir la réaction de Gisèle.

Gilles était l’homme aux expressions uniques. C’est lui qui m’a dit, «Inquiète toi pas, on va leur faire la «passe du cochon qui tousse» une expression qu’il a adaptée et utilisée à toutes sortes d’occasions.

On se rappellera de Gilles Lepage pour son intelligence supérieure, son intégrité irréprochable, son personnage coloré, son franc parlé, ses expressions uniques, de même que son sens de l’humour, un homme sans prétention avec un regard fixé sur l’avenir. Gilles fut un leader qui dégageait une énergie, une assurance, et qui donnait l’impression qu’il savait où il allait, et en fait lorsque l’on connait bine Gilles Lepage, c’était le cas, il savait exactement où il allait.

Gilles nous a quitté beaucoup trop tôt. Il aurait pu contribuer encre davantage à sa communauté et ses proches. Il avait, j’en suis certain, encore de nombreux projets qu’il n’a pu réaliser. Entre autres, après sa retraite de la Fédération des Caisses, Gilles Lepage n’allait pas s’arrêter là. Il a continué à s’intéresser à l’activité économique, cette fois en se lançant dans la culture de bleuets sauvages où il a fait de nombreuses rencontres toutes aussi intéressantes pour lui que celles qu’il a connues dans sa vie antérieure. Gilles avait cette capacité de converser avec tout le monde, peu importe leur statut; les personnes d’affaires, les banquiers, les politiciens, les éducateurs et les cultivateurs. Certains des producteurs de bleuets l’appelaient «le bonhomme Lepage» et appréciaient beaucoup lorsque Gilles s’arrêtait échanger avec eux et partager ses connaissances dans son nouveau domaine et sa nouvelle passion. Sans contredit, il a eu beaucoup de succès dans ce nouveau domaine que pourtant il connaissait peu auparavant. Son intelligence et son intérêt pour l’agriculture, un retour en arrière pour lui en quelque sorte (son père était cultivateur), lui ont bien servi. C’est son fils Alain qui va continuer l’aventure des bleuets sauvages. Le même Alain que Gilles m’a dit lorsque celui-ci était étudiant et travaillait dans un projet d’été, qu’il dépensait comme un vrai gouvernement.

En terminant, cet homme qui a eu une carrière particulièrement remplie et réussie, a fait une contribution remarquable à la vie économique de la communauté acadienne de même qu’à la communauté rurale du N.-B.. Il fut un modèle d’implication communautaire, de leadership et de loyauté envers sa communauté et ses amis. Une source d’inspiration pour ses proches et sa famille.

Comme me l’a fait remarque un de mes amies, pour Gilles Lepage le côté sensationnel d’une décision n’était pas sa préoccupation première. Il se souciait plutôt d’analyser et de connaître l’impact que cette même décision aurait pour les gens, les organismes ou les communautés affectées.

Merci Gilles pour ce que tu a été pour nous tous. Que ce soit dans le domaine des affaires, des arts et de la culture ou dans le domaine sportif, je pense que l’on peut dire sans hésitation que tu as été fidèle à ta devise qu’il vaut toujours mieux être des côtés des solutions que d’être du côté des problèmes.

J.A. Réginald Léger

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